Photoglyphe théorie conceptualisation karin boras icone Théorie du photoglyphe

Pédagogie joyeuse

Un photoglyphe est un nouveau moyen d’expression ludique qui transmet des messages courts mais percutants, pour faire comprendre rapidement des messages clairs à toutes et tous, quel que soit l’âge, la culture ou la connaissance.


C’est un outil précieux dès qu’on parle de transmission des idées, des valeurs ou des réflexions critiques dans les domaines de l’éducation et la formation en sens large. Il est devenu un véritable outil pédagogique et communicatif.

Sommaire


1. Étymologie
2. Histoire
3. Fondements
3.1. Évolution ou dérivé de la bande dessinée ?
3.2. Fiction satirique
3.3 Réussir la caricature d’une idée pour faire réfléchir
4. Pédagogie du photoglyphe
5. Sujets concernés par les photoglyphes
5.1 Trois genres de photoglyphes

 

 

 

Des photos qui parlent...c'est une vidéo ? 

1. Etymologie

Le terme « photoglyphe » provient de deux mots : le préfixe « photo- » qui est l’abréviation du mot « photographie » et le suffixe « -glyphe » du verbe grec γλύφειν (glyphein) : graver. Un photoglyphe est un procédé dont l’objectif est de graver une idée percutante dans l’esprit du lecteur.

T'es grave ! ...glyphe toujours !

2. Histoire

Inventé par Karin Boras qui le pratique depuis 2004, car elle s’était rendue compte que la grande majorité des acteurs d’entreprise ne veulent pas lire. Comme cela était un frein pour communiquer et partager ses nouveaux savoirs en développement durable, elle a cherché un moyen pour réussir à “écrire pour ceux et celles qui ne lisent pas”. Elle a créé, sans le savoir, cette innovation de rupture en communication.

Pourquoi lire...quand on ne lit plus que les bandeaux ?

3. Fondements

3.1. Évolution ou dérivé de la bande dessinée ?

Historiquement, Rodolphe Töpffer, créateur de la bande dessinée, a jeté les bases d’une nouvelle forme de littérature vouée à la fiction satirique et fondée sur la coopération entre le texte et l’image. Le principe de la bande dessinée est d’être une « histoire en images ». Les photoglyphes utilisent comme « image » une photo plutôt qu’un dessin. Ce nouveau média n’est pas le fruit d’une recherche technologique, mais d’une exploitation différente, en associant deux “matériaux” disponibles : la bande dessinée et la photographie.

Alors, si avec mes photoglyphes, vous ne lisez toujours pas...j'arrête d'écrire et je retourne à mes casseroles !

3.2. Fiction satirique
  • Fiction

Les photoglyphes n’illustrent pas une situation ou une idée d’une manière réaliste, mais au contraire d’une manière totalement irréaliste, voire surréaliste. La fiction est fortement marquée par le choix de la photo qui, souvent très retouchée, est la plupart du temps irréelle. Le côté innovant du photoglyphe n’est pas de trouver une photo, mais de trouver la bonne photo pour symboliser son discours, mais surtout de lui donner une valeur ajoutée qui crée la surprise. La fiction prend sa force dans l’association d’un texte sérieux et les textes des bulles. La somme de ces trois éléments, la photo, les bulles et le texte d’accompagnement fait ainsi « parler » différemment la photo pour exprimer une idée.

  • Satire

Dans la tradition des grands satiristes, Rodolphe Töpffer observe les hommes pour mieux capter et faire ressortir leurs défauts. Il allie le don d’observation à l’art de la satire. Les photoglyphes aussi utilisent fortement la satire. L’humour au second degré permet de faire ressortir les défauts ou obsolescences de nos pratiques ou raisonnements habituels, qui ne sont plus adaptés au monde qui change. L’objectif est d’inciter à comprendre comment changer notre comportement et nos actions, et à évoluer. Les photoglyphes sont des caricatures d’idées ou d’actions, mais en aucun cas être des attaques personnelles sur des personnes nommées et identifiées, car leur objectif n’est pas de se moquer, de détruire, mais de faire comprendre et donner envie de construire.

 

L'important est de raconter une histoire...sans endormir !

 

Satire...c'est quand c'est tiré par les cheveux ?


3.3 Réussir la caricature d’une idée pour faire réfléchir

Apparemment, dire des choses ironiques peut paraitre simple, mais cependant, il faut que l’auteur soit très imprégné du sujet pour être pertinent. Ce ne sont pas juste des “choses pour rire”, mais des “choses pour réfléchir”. L’objectif premier d’un photoglyphe avec son texte d’accompagnement est de réussir la maïeutique : aider les lecteurs à se poser une bonne question afin qu’il puisse trouver “sa” bonne réponse.

Réfléchir...pour ne plus être à côté de ses pompes ?


4. Pédagogie du photoglyphe


Le photoglyphe a été conçu comme un outil communicatif pédagogique. Nous comprenons la “pédagogie” comme une science, mais aussi comme un art dont le but est l’accompagnement vers la découverte du vrai savoir. Même si l’origine grecque du mot pédagogie nous amène à la figure de l’enfant (paidos) sujet de l’éducation, nous affirmons que l’action éducative peut être présente à tous les âges. Pour cela, le photoglyphe représente un moyen éducatif pensé pour les adultes, sans infantilisation. Il est un art absolument contemporain qui alliance l’impertinence et utilise la photographie associée aux bulles des bandes dessinées. Bien que la technique de configuration du discours ressemble à la méthode socratique plus connue comme la “maïeutique”: l’art d’accoucher. Cet art de la révélation ne peut se faire que par un bon questionnement. L’objectif est de faire s’interroger les lecteurs de eux à eux-mêmes. Ainsi, il va aller chercher sa propre réponse, et l’envie d’évoluer. Ce n’est donc pas un ordre externe mais une motivation interne qui suscite le changement.

Il s’agit d’une pédagogie citoyenne, car les problématiques concernées sont relatives au développement durable, qui est un sujet d’envergure citoyenne plutôt qu’une exclusivité des responsables politiques.

Pour naître, il faut juste...avoir la bonne question-clef ?

5. Sujets concernés par les photoglyphes

David Kunzle, dans sa description du quatrième critère de la bande dessinée, stipule que « la séquence doit raconter une histoire à la fois morale et actuelle ». Goethe disait des travaux de Rodolphe Töpffer : « C’est vraiment trop drôle ! C’est étincelant de verve et d’esprit ! Quelques-unes de ces pages sont incomparables. S’il choisissait, à l’avenir, un sujet un peu moins frivole et devenait encore plus concis, il ferait des choses qui dépasseraient l’imagination ».
Les photoglyphes seraient-ils une réponse aux souhaits, non satisfaits, de Goethe ? En effet, l’innovation radicale réside dans le fait que les photoglyphes ont été créés pour raconter des « histoires d’entreprises ». Les discours d’entreprise sont habituellement dépersonnalisés, intellectualisés, théoriques, sans grande fantaisie. Car, la fantaisie, cela n’est pas sérieux en discours d’entreprise. Les photoglyphes ont été créés pour être un « appât » pour inciter les lecteurs à s’intéresser à des sujets professionnels qui les font fuir ordinairement. Leur finalité est d’être un moyen ultra-pédagogique pour expliquer le développement durable ou la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) qui sont des sujets hautement moraux et d’une actualité brulante.

Si vous ne venez pas au développement durable...c'est le développement durable qui ira à vous ! Cool !

5.1 Trois genres de photoglyphes :

 

 

  • Le photoglyphe caricatural qui exagère les caractéristiques

 

 

 

 

 

 

 

  • Le photoglyphe satirique qui met en évidence une incohérence

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Le photoglyphe poétique ou philosophique qui met en valeur une idée

 

A force de compliquer...on tourne en rond, ronron !

Car la complexité ...me rend perplexe !

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